mardi, avril 17, 2007

Billet d'humour #36 - Le p'tit fou


Je sais qu’en lisant le titre vous êtes portés à croire que je vais vous parler de Stephen Harper et de sa dernière tentative de mettre en poste ses amis de la droite dans toutes les sphères de notre société. Si ça continue votre facteur n’aura plus le droit de vous livrer votre courrier parce que vous avez été en contact avec des homosexuels.


Cette semaine, j’ai décidé de vous parler non pas du grand fou à Ottawa, mais du p’tit fou qui sommeille en vous. Chez certains, il occupe une grande place tandis que chez d’autres, elle est plus petite. Il y en a même chez qui leur p’tit fou est sur le point de mourir. Peu importe notre religion, notre nationalité, notre couleur de bobette, on en a tous un.


Si vous avez déjà mangé des roches ; si vous avez déjà sorti vos fesses par la fenêtre d’une auto défilant à 120 km/h ; si vous vous êtes déjà promenés sans chandail avec un sombrero sur la tête et « Tequila rules » d’écrit sur la bedaine avec de la moutarde ; si vous avez pensé faire ou avez déjà fait une catapulte, le p’tit fou était au rendez-vous.


Je peux vous entendre vous poser la question, mais qu’est-ce qu’un p’tit fou ? Un petit fou est la chose ou l’énergie qui nous fait faire des choses niaiseuses. Il se manifeste à tous les âges sous différentes formes. Vous connaissez sûrement quelqu’un qui s’est humilié ou même blessé gravement à cause du p’tit fou.


Que vous le vouliez ou non, le p’tit fou est quelque chose de très puissant. Pendant des siècles, les hommes ont essayé de le contrôler avec des lois, des règlements et parfois de l’argent, mais sans succès. Il peut y avoir le plus de lois possible, il va toujours y avoir quelqu’un quelque part qui va regarder une pente de 45 degrés qui se termine par une crevasse de 100 mètres et se dire :


- J’peux descendre ça en patins à roulettes et arrêter avant la crevasse.

Ou encore, regarder une carte et se dire :

- J’peux envahir l’Iraq et finir ça en un mois.

Peu importe la niaiserie, ça finit rarement bien. Mais pourquoi fait-on ces choses ? Premièrement, par curiosité, car on veut tester nos limites. Deuxièmement, pour sortir de l’ordinaire, car si on enfonce le p’tit fou au plus profond de nous-mêmes et qu’il ne sort jamais, un moment donné le gros fou va sortir et lui, il cause des dommages beaucoup plus sérieux. Troisièmement, parce qu’on est juste cave.


La solution pour que le p’tit fou ne prenne pas le dessus, est de le nourrir à petites doses et à différents moments. Durant l’enfance, il se nourrit de roche, de petits fusils de plastique, de vers de terre, de « débarques » et de projets de constructions de toutes sortes. À l’adolescence, il se nourrit de conduite dangereuse, du musique forte, de mauvais mixtes de boisson (du genre vodka chaud et Pepsi flatte) et de « débarques ». À l’âge adulte, il se nourrit principalement de boisson et se tient dans les bars et près des évènements sportifs. Donc, le conseil que je vous donne est de nourrir votre p’tit fou une fois de temps en temps pour pas que le gros fou vous surprenne dans un moment inopportun comme la journée de vos noces ou à la graduation de votre enfant.

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