mardi, avril 17, 2007

Billet d'humour #32 - Question de feelings


Il y a un dicton qui dit qu’il ne faut pas juger quelqu’un avant d’avoir marché un mille (2,2 km pour les métriques) dans ses chaussures. Je crois que c’est un dicton qui s’applique bien de nos jours puisque la mondialisation nous pousse à être en contact avec des gens qui ont une différente religion, langue, perception et façon de vivre que nous.

Par contre, nous ne sommes pas obligés d’aller dans un autre pays pour constater ces différences. Il en existe entre nos voisins, nos amis, les membres de notre famille et même entre nous et nos conjoints et conjointes.

Il y a deux semaines, je vous parlais de magasinage. Je vous ai demandé de magasiner comme un homme parce que ça va vite, ça évite les embouteillages et on en ressort avec le strict nécessaire.

Mon erreur dans cette affirmation a été de ne pas avoir marché dans les chaussures du sexe opposé. Mettons qu’une paire de chaussure à talons hauts, ce n’est pas très invitant. Ça ressemble plus à un instrument de torture médiéval qu’à un moyen de déplacement.

Tout ça pour dire que la semaine dernière, une de mes amies m’a proposé de m’accompagner pour faire mes emplettes finales de Noël. J’ai trouvé ce geste très généreux jusqu’à ce qu’elle m’apprenne qu’il y avait un prix rattaché à sa générosité. Je devais non seulement l’accompagner, mais aussi la conseiller sur l’achat de chemises pour aller avec deux jupes qu’elle avait achetées auparavant. J’étais pris au piège par ma parole et les clauses en petits caractères situés au bas du contrat verbal que j’avais apparemment signé. Je n’ai pas argumenté avec ardeur car je ne suis pas encore au courant de toutes les règles et lois qui régissent la bureaucratie de la gente féminine.

Donc, me voilà au beau milieu de la boutique marie claire entre un rac à linge de teinte d’automne et une vieille madame qui est apparemment tombée dans un bassin de parfum Elizabeth Taylor, tout en écoutant Sweet surrender de Sarah Mclaughlin. Laissez-moi vous dire que j’étais loin d’être dans mon élément. En passant, pour les puristes de la langue française marie claire ne prend pas de majuscule, car il n’y pas de règles grammaticales qui s’appliquent au monde la mode.

Au moment où j’étais en train de dire à mon amie que le morceau de tissu avec le bas rongé en forme vague diagonale qui est supposé être un chandail ne lui allait pas, la vendeuse est venue nous demander si nous avions besoin d’aide. Je fus très surpris par cette approche agressive. On n’aurait jamais vu ça dans une quincaillerie. Elle demande ce que mon amie cherchait et lui demande si elle se sent plus aventurière ou réservée. Encore une fois j’étais surpris par la question, car lorsqu’un homme va acheter du linge on lui demande pour quel évènement il portera le vêtement.

C’est alors que j’ai compris que magasiner pour une femme est une question de feelings. Pour les hommes, c’est une question de confort. Si porter un pneu autour de la taille était confortable, vous verriez une gang de gars dans les chambres d’essayage chez Michelin. Mais c’est pas seulement pour le confort c’est aussi une déclaration de ce que l’on fait cette journée-là. Un gars n’aura jamais honte d’assister à un mariage en jeans troués, le chandail plein de poussière avec des traces de sueur un peu partout. Si cette journée-là, sa priorité était de finir la cave il se doit de porter l’uniforme de la rénovation. Il dit au reste du monde.

-Je finis ma cave!

C’est pourquoi messieurs vous devriez vous renseigner sur comment votre compagne se sent. Si elle se sent bien dans sa peau, ne l’envoyez pas magasiner car tout va lui faire et votre banque va vous donner un coup de téléphone vous annonçant que vous venez de prendre une deuxième hypothèque sur votre maison. Attendez qu’elle se trouve laide et tout ce que ça va coûter est une boîte de chocolat et un massage, et vous allez gagner des points pour être à l’écoute de ses besoins.

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