mardi, novembre 20, 2007

Billet d'humour #46 - Preuve #32 du vieillissement: une dance au secondaire


On dirait que dernièrement la vie essaie de me passer un message. Elle essaie de me faire sortir de mon adolescence prolongée dont souffre beaucoup des jeunes hommes de mon âge. Elle essaie de me faire arrêter de jouer à des jeux vidéos, de regarder les Simpsons, de rire quand quelqu’un pète ou de répéter ce que ma sœur me dit jusqu’à ce qu’elle perde patience. Je fais face à plusieurs situations où la vie me «kick» dans l’entre jambe pour que j’agisse comme quelqu’un de mon âge devrait agir. Samedi, j’ai « pris un coup de vieux » comme on dirait par chez nous. J’ai été engagé à titre de DJ pour une soirée dansante lors d’un colloque de leadership qui réunissait des jeunes du secondaire de toutes les écoles francophones de la province.

Dans ce genre de soirée, à moins d’être juché en haut d’une tour entourée de tireurs élites, d’un champ de mines et de tranchées garnies de barbelés, les participants vont venir faire des demandes spéciales ou vont te faire le commentaire préféré de tous les DJ, « tu sais que tu peux commencer à mettre de la bonne musique maintenant. » Je ne connaissais aucun des artistes et des chansons qui m’ont été demandés. Heureusement, j’ai pu masquer mon ignorance grâce à la commande de mon employeur de ne faire jouer que des chansons francophones.

Pour me préparer à cette soirée, je suis quand même allé faire de la recherche à la radio étudiante de l’université pour me mettre à jour sur les nouvelles tendances musicales d’une génération qui me paraît de plus en plus étrangère. J’ai découvert d’excellents nouveaux artistes, mais malheureusement, ce sont des artistes indépendants, donc on n’entend pas beaucoup parler d’eux.

En plus du fait qu’ils sont indépendants, ils sont francophones, donc loin de faire parti des artistes préférés de cette génération qui croit que la musique anglophone est meilleure. C’est dans ce genre situation qu’on se rend compte du problème de distribution auquel font face ces excellents artistes qui passent sous le radar parce qu’ils n’ont pas une «machine» derrière eux.

Troublé, je suis rentré chez moi déterminé à trouver ce qui est à la mode. J’ai découvert que ce qui est populaire maintenant est pratiquement la même chose que ce qui était populaire lorsque j’étais jeune. C’est le même rythme, les mêmes instruments, c’est seulement une personne différente qui chante et elle porte un peu moins de vêtements. C’est alors que j’ai décidé je n’avais pas à gaspiller d’énergie pour essayer de plaire à des gens qui trouvent «hot» rien d’autre que du matériel recyclé.

C’est là que j’ai compris mon rôle en tant que « mon p’tit monsieur », comme une charmante jeune fille m’a baptisé samedi soir, n’est pas d’essayer de m’assimiler à leurs goûts musicaux, mais d’agir en tant qu’éducateur et de leur montrer qu’il y a d’autres musiques, faites par le passé, qui survivent au test du temps puisqu’elles touchent plusieurs générations. Car, plus je vieillis plus je me rends compte que j’en ai beaucoup à apprendre.

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