jeudi, février 25, 2010

Billet d'humour no.73 - La chasse et la pêche (publié le 13 mars 2009)


Je lance aujourd’hui un grand débat qui a autant d’ampleur que Coke versus Pepsi, Ford versus GM et Star Wars versus Star Trek : Le club versus le pub. Lequel est le meilleur ? Ça dépend d’où vous êtes rendus dans votre cheminement de vous paqueter la fraise. Faisons une analyse des deux.

Tout d’abord, observons leur fonction respective. Le club sert à deux choses différentes que vous soyez un homme ou une femme. Pour les filles, le club sert à rencontrer un homme et à danser. Dans le fond, elles préfèrent danser, mais ça adonne qu’il y a des gars là. Pour les gars, il sert à rencontrer une femme et à découvrir qu’ils ne savent pas danser. À moins d’avoir suivi des cours ou d’être gai, les hommes ne savent pas danser. Il y en a quelques-uns qui réussissent à perfectionner le pas à gauche, le pas à droite, taper dans les mains, mais les autres ressemblent à des écureuils qui s’électrocutent en touchant une lampe électrique pour tuer les mouches.

Le pub sert à relaxer entre ami. Ce sont souvent des groupes de couples qui veulent sortir prendre un verre tout en ayant la possibilité de pouvoir se parler et s’assoir. Si quelqu’un est seul dans un pub, il est soit en peine d’amour, alcoolique ou un vieux sage qui donne des conseils aux touristes.

Ensuite, regardons l’atmosphère. Le club est conçu pour la séduction superficielle et l’intoxication instantanée (avec les plateaux de 50 shooters qui goûtent la gomme au melon d’eau). La musique est forte, donc on doit se vendre avec une ligne (la fameuse pick up line), un regard ou le linge qu’on porte. L’éclairage est pratiquement inexistant et saccadé, donc, avec juste le bon montant d’alcool, tout le monde peut paraître comme un Brad ou une Angelina à la fin de la soirée.

Le pub est conçu, à prime abord, comme un lieu de socialisation verbo moteur et d’intoxication progressive, mais il peut aussi servir à la séduction. La séduction est par contre plus difficile dans un pub puisqu’il y manque certains atouts du club. Il n’y a pas la pulsion de la musique de club qui fait bouger le bassin sans qu’on le veule et il n’y a pas non plus le contact physique de se frotter un sur l’autre sur la piste de danse ou en attendant au bar entassées comme des gazelles autour d’une flaque d’eau pendant une sécheresse. La séduction au pub est plus une activité stratégique, comme un match d’échec. Il faut avoir une bonne ligne d’introduction, mais il faut aussi avoir de la substance pour poursuivre une conversation parce qu’il n’y a pas de « O my God, c’est ma toune! On vas-tu danser? »

Vous avez sans doute deviné que je préfère les pubs. Que voulez-vous, plus on vieillit, plus on est porté à vouloir relaxer. Il y a du service au table, un bon choix de consommations, de la bouffe jusqu’à dix heures, de la musique joviale ou jazzy qui ne me perfore pas les tympans et des places pour s’assoir.

Le jeune Fred m’aurait probablement traité de mauviette après avoir lu cette chronique, mais à l’aube de mes trente ans je préfère m’installer dans ma chaloupe avec des bon amis en sirotant une bonne bière importée plutôt que de me lancé dans la jungle, aspergé d’urine de jument, en essayant d’imiter le cri de la femelle.

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