vendredi, juillet 21, 2006

Billet d'humour #14 (publié le 10 juin 2006)

La moumounification

Je sais que ce n’est pas un mot que l’on retrouve dans le dictionnaire, mais c’est le seul mot qui peut bien décrire ce qui arrive à une partie de la jeunesse. Je sais également que la génération précédente à tendance à critiquer la génération actuelle avec la phrase classique :

-Dans mon temps on marchait à l’école qui était à 50 kilomètres dans six pieds de neige, etc.

Mais là ça va faire ! Premièrement, c’est qui le « designer » qui à penser que ça serait cool de porter des pyjamas pour aller à l’école. On se croirait dans une salle de conditionnement physique d’un centre de retraite de Floride. Je vous le dis dans pas longtemps ils vont commencer à emporter leur oreiller en classe. Car la mode c’est un peu le reflet de la société. On porte notre personnalité.
Le reflet que j’observe est celui de la loi du moindre effort. Un bon signe de ce phénomène est l’arriver des chaussures avec une petite roulette en dessous. Pas des patins à roulettes, des chaussures à roulettes ! On les voit au centre d’achat en train de zigzaguer dans les allés. Si tu es rendu trop paresseux pour seulement marcher, tu aurais plutôt intérêt à t’asseoir dans une chaise roulante et laisser l’atrophie faire son travail. Une autre affaire qui me dépasse est l’intimidation par messagerie instantané. Il faut être moumoune en tabarnouche pour intimider quelqu’un dans le confort de sa maison.
Le problème qui se pose lorsque tu fais ce genre de geste à distance, est qu’il y a un élément crucial qui manque. Ils ne voient pas la conséquence. Dans mon temps quand tu intimidait quelqu’un sur la court d’école, tu pouvaient voir la conséquence. Soit que tu te retrouvais au bureau du directeur ou tu mangeais un coup de poing. Peu importe, tu voyais la conséquence. Maintenant, étant donné que tout se fait à distance, les jeunes prennent un fusil et tire son problème à distance. Comment régler le problème ? Remettre tous les dessins animés des années 80 en ondes. Il y avait une morale qu’on ne retrouve pas dans les dessins animés d’aujourd’hui.
On apprenait toute une gamme d’émotion et on appréciait ce qu’on avait. La première chose est qu’on apprenait à apprécier : nos parents. Belle et Sébastien, Rémi, les cités d’or, le petit castor, tous les parents morts ou disparus. Dans Rémi le générique le dit « je suis sans famille et je me balade avec tous mes amis…. ». Une autre chose que l’on apprenait à apprécier : nos amis. Pourquoi? Il crève à un moment donné. On arrivait à notre mère en braillant :

-Maman Vitalis (un des chiens Rémi sans famille) est mort

-Bon tu vois comment c’est triste perdre un ami. Vas-tu encore insulter ton ami Julien ? Parce que demain il sera peut être pas là pour que tu l’insulte. Parce qu’il pourrait mourir de froid dans une grange abandonnée, comme Vitalis.

Ça peut paraître niaiseux, mais c’est à cause de cette morale dans les dessins animés qu’on ne prenait pas un fusil pour tirer sur nos camarades de classes. Je ne dit pas que ça pas passé proche. On a déjà eu l’occasionnel irruption avec un douze pompe dans la classe. Mais tout le monde savais quoi faire. On sortait tous nos flûtes à bec et on jouait la toune du générique à la fin du petit castor et ça finissait là.

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